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mercredi 13 août 2008

Composition d'un objet textué


L’attention, l’imagination, la prévision

Du point de vue du sujet, un objet textué est une composition – aujourd’hui numérique - de traces discrétisées dans un pro-gramme unifiées a posteriori par l’attention d’un lecteur.


Cette unité dynamique des traces crée un mouvement projectif d’attente qui inspecte l’ensemble des unités de sens à prévoir (pré-visions) lorsque le lecteur prête son attention à une œuvre, un contenu. Cette fonction est purement imaginaire : elle fonctionne selon une dialectique s’instaurant entre anticipations et séries inanticipables de percepts dans le déroulement du programme qui permet au lecteur de comprendre et de situer à tout instant le sens et la signification de ce qu’il déchiffre (écoute, visionnage, déchiffrage etc.). Le plaisir esthétique, l’appréciation qui naît de cette dialectique s’entretient en effet d’une marque d’imprévisibilité qui ne doit pas s’émousser : sinon l’intérêt porté à l’œuvre disparaît ; et c’est ce qui arrive le plus souvent lorsque notre attention est donnée aux objets textués à faible valeur rétentionnelle (nous en faisons rapidement le tour)…


Pour autant, l’attention reste dans la sphère délimitée de notre imagination. Une œuvre, un programme, un contenu pour être reçu doit nécessairement correspondre à un imaginaire qui rende possible le partage du sensible et de l’intelligible entre les intervenants. Même ce qui n’est pas prévu et vient surprendre le sujet pour lui procurer l’intérêt suffisant à la continuation de la lecture fait partie de l’imaginaire singulier de celui qui lit.


L’inattendu quant à lui, est à part. Il n’est pas imaginable comme tel et sort du domaine réservé de la signification. L’inattendu ne peut pas être compris. Il ne peut pas être constitutif. Au contraire de l’imprévu, tout comme de l’inanticipable qui tiennent lieu de possibles dans la sphère de ce qui peut être inspecté : il participe à la construction de l’horizon d’attente propre à l’attention portée à tout objet textué dès lors qu’il est susceptible d’un intérêt esthétique quelconque.


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samedi 26 janvier 2008

Contingence et textualité


Dans l'hypertexte, il n'y a pas de hasard.


L'hypertexte en effet illustre parfaitement cette absence de hasard dans le calcul des phrases et des significations, la distance exigée vis-à-vis des contingences dans l'esprit même du lecteur.
Ce que cherche le lecteur en effet, ce n'est certainement pas une expérience gratuite des probabilités que l'algorithme permet. Cette perspective n'a rien d'enthousiasmant et résulte mécaniquement d'un certain nombre d'enchaînements significationnels que l'on peut analytiquement retracer.


Par contre, il veut la signification fondamentale, non pas comme résultat d'un calcul des propositions ou d'un effet de hasard dans le parcours de l'hypertexte, mais comme effet d'une révélation soudaine de la Solution en-ligne, comme processus soudain incontrôlé de l'algorithme que cherche à capter l'axiomatique de base de l'hypertexte (axiomatique qu'il faut parvenir à penser dans toute la profondeur de son arbitraire). En ce sens, le hasard, le vide du texte contingent peut être défini comme un hypertexte sans lien, sans forme...


Ce n'est pas la loi des probabilités ou les jeux de langage qui font la vérité sur écran, mais le sens et la signification comme kata-strophè thématique, rupture soudaine dans l'enchaînement des causes langagières et révélation/condensation impromptue du signifié authentique.


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mercredi 23 janvier 2008

L'activité inférentielle du lecteur

S'inscrire dans une conception unifiée du contexte ne suffit pas.

S'en tenir à l'unité contextuelle sans approcher une typologie des vecteurs de signification dans un parcours, c'est opportunément adopter une attitude de cogniticien: c'est envisager l'ensemble du sens de l'écriture du point de vue des lecteurs/scripteurs qui s'y inscrivent en ne s'attachant qu'au parcours individuel de chacun. De ce point de vue, le contexte reste fixé en fonction de choix préétablis et doivent être nécessairement empruntés par les intéressés.
Or les hyper/scripteurs/lecteurs auxquels on se réfère sont des intervenants libres, dont les comportements de lecture et d'écriture se définissent en termes de délibération, choix et imprévisibilité. Nous sommes sans cesse renvoyés face à l'inattendu dans l'acte de lecture et le sens accordé au contexte en est nécessairement modifié.
Ce n'est donc pas une conception unifiée du contexte qu'il faut envisager mais celle de l'activité inférentielle du lecteur. Celui-ci prend appui sur l'inscription des textes qu'il découvre pour créer le contexte dont il a besoin dans l'hypertexte. Le contexte n'est pas ici le produit de la lecture mais ce qui,en relation avec l'inscription, transforme l'activité d'inférence au fur et à mesure qu'elle se déploie.

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vendredi 18 janvier 2008

possible / inattendu

Dans “Question I” (postface à “Qu’est-ce que la métaphysique?”) Heidegger distingue entre l’événement (Ereignis) et “ce qui se produit” (Erzeugnis).

L’Ereignis concentre le changement de compréhension du monde qu’impliquent des événements absolument authentiques: ils ne peuvent être confondus avec de simples occurrences (voir “Le principe d’Identité” également).

Depuis “Être et temps” en fait, Heidegger ne cesse de marquer l’événement inattendu, insaisissable (la mort en 1927).
En fin de compte, c’est toute la poésie, le langage et même “la pensée” qui deviendront chez lui événementiels…

Et ceci pour désigner quelque “production” qui échapperait à l’appropriation (le propre) et se tournerait vers l’expropriation (Enteignis), l’inappropriabilité de ce qui arrive.

Ce mouvement d’appropriation échoue; échoue sur une frontière sans front ni confrontation, une limite que ne heurte pas l’incompréhension totalement, qui n’a pas de face solide et fixe; une frontière mouvante, infiniscente…

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