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mardi 19 août 2008

Mémoire du monde par les mots


Mémoire des motsAjouter une image

Nous n'avons plus que la mémoire d'un monde qui, il y a peu, fut encore descriptible par l'écriture et que la littérature atteste, comme une mémoire fétiche.
Et encore, ce souvenir d'un monde qui se donnait par les mots et les signifiés pourrait bien n'être que le souvenir d'un mirage accrédité par les phrases d'un Texte désigné par l'imaginaire littéraire. Aujourd'hui, les mots sont d'abord des images; des signifiants imagés auxquels il faut accorder un sens improbable.


Sinon, seul le plaisir de l'image pour elle seule, prévaut.


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mercredi 23 juillet 2008

Qu'est-ce qu'un lien hypertextuel?

La question de la justesse et de l’opportunité du lien appliqué aux termes, aux locutions ou aux séquences verbales dans un hypertexte est au cœur des problèmes de l’écriture contemporaine.
Cette justesse dans le "taggage" des textes domine l’opposition entre ceux qui pensent que l’application des liens est purement conventionnel le et ceux qui, au contraire, affirment que l’hypertextualisation d’un terme révèle sa nature et correspond au fond à son essence. Le « tag » vient alors s’imposer opportunément et selon une nécessité interne dans l’élaboration du texte numérique.

Il importe par conséquent de bien comprendre en quoi consiste « la justesse » d’un lien utilisé dans un hypertexte. Sur ce point les avis ne peuvent que profondément diverger…
« Justesse » peut d’abord se rapporter à la constance de la désignation du terme tagué : ceux qui « taguent » le terme « cercle » reconnaissent la convention selon laquelle, dans la langue naturelle employée, « cercle » va désigner un lien qui mènera vers d’autres termes qui auront un rapport de désignation avec une boucle, une rondeur, une clôture. Mais cette application hypertextuelle peut justement être considérée comme la conséquence de la prise en compte d’une forme tout à fait adéquate, la forme du terme hypertextualisé en tant qu’elle exprime l’idéalité d’une figure consistant en une ligne fermée sur elle-même. La justesse du lien, au-delà d’un rapport de simple désignation, se rapporte ici à la signification adéquate du mot cercle pour ceux qui en font un emploi singulièrement défini, notamment les géomètres.

Viennent enfin ceux pour lesquels l’idéalité de la chose représentée ne suffit pas à justifier l’opportunité du lien ainsi créé : par delà la signification, celui-ci peut très bien instituer un rapport de nature symbolique entre différentes séquences de renvois – ces renvois pouvant figurer non seulement des mots mais aussi des sons, des images, des vidéos, des films… le terme « cercle » venant par exemple à se lier avec l’ensemble des poètes disparus etc.
Dans les différents cas, la question de la justesse du lien devient réflexive. L’opportunité du lien bien placé veut finalement considérer comme un problème celui du bien fondé de l’usage des liens, et par conséquent, de leur rapport avec les différents types de renvois créés. Dans tous les cas, il importe manifestement de savoir distinguer entre la simple désignation, la signification et le symbole expressif mis en relation.
Or cette justesse des liens ne se concentre pas uniquement sur des problèmes ponctuels liés au taggage de certains termes plutôt que d’autres ; elle commande en définitive à la question bien plus générale de l’écriture et de la lecture hypertextuelle en son fond…

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Juillet 2008 dans texte, Web/Tech, Weblogs Tags Technorati: , , , , , , , , , ,
mardi 22 juillet 2008

samedi 7 juin 2008

Paradoxe d'une axiomatique de l'hypertexte


Plutôt que d’en revenir sans arrêt au Phèdre de Platon (pour de plus mal interpréter son prétendu rejet de l’écriture), tournons-nous aussi vers le Théétète et le paradoxe qui sert tout aussi bien d’aporie fondamentale à la construction contemporaine d’une Axiomatique de l’hypertexte dans ce dialogue : comment, avec des éléments privés de toute signification (les lettres, les éléments alphabétiques, les codes sources) produire des phrases infiniment riches de sens ; comment, avec certains éléments codifiés, transformer une suite d’éléments alphabétiques a-sensés (grammatisation) en des paragraphes infiniment signifiants au point qu’ils servent de support et de matrice créative à la Pensée et à la réflexion ?

Cette aporie provient du concept de la pensée chez Platon qui doit nécessairement être considérée comme langage. Le problème apparaît lorsque la langue employée pour penser et réfléchir se révèle être constituée d’éléments en eux-même totalement insignifiants. Il est extrêmement révélateur que Platon dans le Théétète expose cette aporie « grammaticale » parallèlement à une aporie qui touche cette fois aux opérations sur les nombres. Et il est très significatif de constater que le paradoxe précédemment évoqué à propos des lettres dans la langue se pose dans les mêmes termes que l’opposition maintenant exposée entre la somme - to pàn - et la Totalité -to olon - (voir le Théétète 205b-e).

L’arithmétique est un exemple de comparaison excellent puisqu’elle nous montre qu’en maniant des signes très élémentaires nous parvenons à formuler des relations de calcul très complexes. Ce sont en fait des lois de progression, des suites organisant des phénomènes de signes simplifiés qui permettent ensuite l’accès à la sémantique de concepts très élaborés (calcul sur les symboles etc.)

Arithmétique et pensée réflexive, même combat !

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samedi 17 mai 2008

Le texte qui change



Le texte a pour caractère "quasi-transcendantal" d'être labile. Transformable.


Ce trait s'actualise totalement dans l'écriture numérique - alors qu'il était quelques fois gommé, inhibé dans l'écriture-papier. La voie est donc libre pour la constitution théorique d'une ontologie qui sache tenir compte "fondamentalement" de cette qualité remarquable (une métabologie).


Ainsi, et pour s'en tenir au régime temporel de la textualité électronique, les délais de publication de l'écriture télématique sont inférieurs à ceux de l'édition, ce qui me permet d'amender mon texte " en temps réel ", en fonction des informations obtenues, sans les inconvénients d'un décalage. Au centre des modifications de ce que nous nommons " texte ", il y a ainsi, précisément, la possibilité de transformer indéfiniment le texte en écrasant ses versions antérieures, auto-destruction où l'e-textualité efface ses traces pourtant initialement publiées.


Envoyez vos textes à jp.pastor@phonereader.fr
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lundi 28 janvier 2008

Structure clivée du texte

 L’énonciation éditoriale selon Emmanuel Souchier convoque une poétique de «l’image du texte». Située à l’articulation du symbolique et du politique – de la croyance –, du matériel et du textuel, l’énonciation éditoriale fait partie de ces processus privilégiés qui font que les idées deviennent – aussi – des forces agissantes dans la cité.

Quelle qu’en soit l’histoire, la situation ou le «contenu»… il n’est pas de texte qui, pour advenir aux yeux du lecteur, puisse se départir de sa livrée graphique. C’est une vieille histoire, dit-il, que celle qu’entretiennent le texte et «l’image du texte». Une histoire faite de rencontres et de déchirements. Pour avoir transformé l’ancestral antagonisme sensitivo-moteur «face-langage»et «main-graphie» en un espace de rencontre possible, l’écriture annonçait déjà la couleur à ce sujet.

L’écriture et sa mise en énonciation par l’image ( représentation que le texte nécessairement produit), est une structure duale en matière textuelle avec laquelle il faut compter.

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