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mercredi 13 août 2008

Composition d'un objet textué


L’attention, l’imagination, la prévision

Du point de vue du sujet, un objet textué est une composition – aujourd’hui numérique - de traces discrétisées dans un pro-gramme unifiées a posteriori par l’attention d’un lecteur.


Cette unité dynamique des traces crée un mouvement projectif d’attente qui inspecte l’ensemble des unités de sens à prévoir (pré-visions) lorsque le lecteur prête son attention à une œuvre, un contenu. Cette fonction est purement imaginaire : elle fonctionne selon une dialectique s’instaurant entre anticipations et séries inanticipables de percepts dans le déroulement du programme qui permet au lecteur de comprendre et de situer à tout instant le sens et la signification de ce qu’il déchiffre (écoute, visionnage, déchiffrage etc.). Le plaisir esthétique, l’appréciation qui naît de cette dialectique s’entretient en effet d’une marque d’imprévisibilité qui ne doit pas s’émousser : sinon l’intérêt porté à l’œuvre disparaît ; et c’est ce qui arrive le plus souvent lorsque notre attention est donnée aux objets textués à faible valeur rétentionnelle (nous en faisons rapidement le tour)…


Pour autant, l’attention reste dans la sphère délimitée de notre imagination. Une œuvre, un programme, un contenu pour être reçu doit nécessairement correspondre à un imaginaire qui rende possible le partage du sensible et de l’intelligible entre les intervenants. Même ce qui n’est pas prévu et vient surprendre le sujet pour lui procurer l’intérêt suffisant à la continuation de la lecture fait partie de l’imaginaire singulier de celui qui lit.


L’inattendu quant à lui, est à part. Il n’est pas imaginable comme tel et sort du domaine réservé de la signification. L’inattendu ne peut pas être compris. Il ne peut pas être constitutif. Au contraire de l’imprévu, tout comme de l’inanticipable qui tiennent lieu de possibles dans la sphère de ce qui peut être inspecté : il participe à la construction de l’horizon d’attente propre à l’attention portée à tout objet textué dès lors qu’il est susceptible d’un intérêt esthétique quelconque.


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vendredi 9 mai 2008

Qu'est-ce que l'infini aujourd'hui?

A tout objet qui change (être-pour-le-changement) dans le monde, j’associe certains autres objets que j’appelle des « objets textués » sur le réseau: à un être-pour-le-changement dans le monde A, j’associe un objet textué théorique a, opération qui consiste à faire un choix d’un certain nombre fini de déterminations / modifications métaboliques de A.

En postulant le premier axiome A1 « Tout change », pour que le second axiome A2 « Tout change différemment » soit non contradictoire avec le premier, il me faut pouvoir désigner des objets susceptibles de pouvoir changer différemment – sinon en vertu de A1, aucun objet ne saurait même exister compte tenu du fait qu’il change constamment, ne pouvant a fortiori faire l’objet d’une désignation.

Pour la possibilité de cette seule désignation, pour cette seule éventualité d’une expression possible d’une chose dans le monde donc, je suis dans la nécessité de ne plus me situer sur le seul plan des êtres-pour-le-changement dans le monde. Le plan habituel et rassurant des objets-qui-changent. Je dois, ne serait-ce que pour parler, associer l’être-pour-le-changement à un objet théorique cette fois-ci défini par l’une des déterminations que je juge principale chez A et que je choisis.
Par cette opération là, je redéfinis la notion d’objet : au niveau de l’expression, sitôt perçu, l’objet n’est plus tant approché métaphysiquement par son identité – il nous faudrait savoir pourquoi deux A pour dire A=A - que par les différences de changement dont il est l’objet. Et cela entraîne une hypothèse supplémentaire sur mes axiomes de départ. Si l’objet A est défini maintenant par les changements qu’il produit sur lui-même et les autres objets qui l’entourent, si je veux pouvoir faire ce que je viens de dire sans entrer en contradiction avec A1 « Tout change », autrement qu’au niveau de la description théorique que j’en fais, je suis dans l’obligation de supposer qu’il n’y a pas un nombre fini de déterminations métaboliques, mais qu’il y en a une infinité. Je donne ici à l’infinité le contenu intuitif de l’être-pour-le-changement dans le monde lorsque je le perçois. Mais du point de vue théorique, c’est-à-dire du point de vue de l’objet textué lié à l’être-pour-le-changement dont il a tiré une des déterminations principales, ce que je fais c’est une définition théorique de l’infini.
Autrement dit, l’expression d’un nombre fini de déterminations pourtant infinies relatives à l’être-pour-le-changement est une décision théorique liée au passage du plan du monde à celui du réseau.

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lundi 5 mai 2008

Le texte disparu

Au moment panoptique de la perception la plus complète de l’Hypertexte, nous voyons soudainement le rien des significations imaginaires à l’œuvre dans le Texte, nous en percevons tout l’arbitraire en même temps que la profonde nécessité.

Tous les liens qui enrichissent le langage hypertextuel tendent alors à reconnaitre dans l’hypertextualité l’aptitude à rendre le texte insuffisant, voire même absent, à susciter par conséquent le texte (l’hypertexte à la puissance -1) en son absence, puis à s’en ressouvenir en lieu et temps de cette absence, à l’accomplir finalement jusqu’à son sens dernier dans une étrange et définitive disparition de sa forme. Le texte hypertextualisé se métamorphose.
Là s’affirme sur l’écran la pure et simple disparition du texte maintenant numérisé. Et cet absentement va désormais venir hanter l’hypertexte dans chacune des applications qu’il va installer sur le texte. C’est ici que tout se joue. Car l’hypertexte n’atteint sa perfection que dans la totale disparition du texte qu’il mène à la puissance supérieure. C’est, semble-t-il, dans cette absence absolue du texte réalisée que le moment panoptique de l’hypertexte survient.

Si, au final, dans la présence parfaite de cette disparition textuelle qui vient hanter l’écran, peuvent être jetés les dés : là seulement l’inattendu du temps panoptique advient, dans une contingence totale des mouvements et des significations qui fait que l’Hypertexte prend corps et ordonne sa profonde nécessité.


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dimanche 4 mai 2008

Le texte dans l'hypertexte

Est-ce que l’hypertexte ne serait pas par rapport au texte ce qu’est l’image par rapport à la chose ?

On imagine habituellement que l’hypertexte, dans la mesure où il appartient au monde du multimédia, est une sorte de langage qui, plus que ce qu’un texte comprend, accueille prioritairement les images. Il y a là en effet comme une transformation fondamentale de la page-papier à la page-écran – même si celle-ci comporte, comme c’est habituellement le cas, la reproduction d’un certain nombre de représentations non scripturales.

Or l’hyper-texte n’est pas essentiellement hypertexte parce qu’il comprendrait des objets multimédias qui ne figureraient évidemment pas dans un texte repris sur une page-papier. L’hyper-texte, au contraire, a ceci de remarquable qu’il met le texte à la puissance n – et ce faisant, dans la nature du texte qu’il compose, rien, dans l’absolu, ne devrait partiellement y faire image dans l’ensemble continu des significations qu’il convoie.

Nous devrions plutôt voir les choses autrement : est-ce que dans l’hypertexte le langage lui-même ne devient pas tout entier image ; non pas un langage qui comprendrait des images et mettrait en scène des objets multimédias particuliers; mais un langage qui serait entièrement sa propre image, image du langage textuel au sens le plus courant, image du langage – et non pas langage comprenant des images occasionnellement reproduites à même le texte ; langage véritablement imaginaire, langage au plus près des significations imaginaires que tout langage dans un texte habituellement présente ; un langage hypertextuel en somme qui se parle à partir de sa propre absence, comme l’image apparait à partir de l’absence de la chose qu’elle prétend a posteriori imager.

Dans l’hypertexte, le langage hypertextuel devient totalement sa propre image. Et cette image ne serait la reproduction d’aucun objet préalable ; elle serait originairement une image sans aucune subordination par rapport à une chose qu’elle serait textuellement dans l’obligation de reproduire.

Une image sans re-présentation aucune.


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jeudi 1 mai 2008

Langage photographique


Pourquoi les photos et vidéos ?


Le sens visuel dans un fragment posté a son propre langage, celui de la photo. Ce langage est aussi peu mimétique que les mots du texte du "post" en ce qui concerne leur relation aux choses.La photo continue le travail des yeux, non pour le traduire du langage des mots en un autre langage, mais pour l'articuler immédiatement en formes et en couleurs, dans le langage non verbal de la photo.La photo ouvre à une connaissance visuelle, qui ne doit rien à la connaissance théorique ni aux mots du scripteur du texte qui l'accompagne. Un savoir visuel prend forme grâce à l'activité de mise en page de l'iconographe, savoir qui interpète le monde vu. Ce monde visible acquiert un sens qu'il serait alors vain de vouloir traduire en mots.


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mercredi 30 avril 2008

Détermination du texte par l'hypertexte


Savoir ce qu’est un texte devient peu à peu une question sans solution, sans projet : si l’on veut décrire la situation en termes peu avantageux, on dira que pour la plupart des analystes qui, depuis l’époque du post-structuralisme et de l’herméneutique, se sont penchés sur ses caractéristiques essentielles, le texte apparaît définitivement disséminé, éclaté, étoilé…


Savoir tout de go en quoi consiste un hyper-texte peut sembler a fortiori une gageure. Voire un non-sens. Comment définir un hypertexte si l’on avoue d’avance l’impossibilité d’une approche théorique pertinente concernant le simple texte ? Or l’hyper-textualité a ceci de remarquable par rapport à la seule idéalité du texte qu’elle semble correspondre dans son fonctionnement à une axiomatique susceptible d’être développée en une véritable méthode ; et celle-ci nous renseigne fort utilement sur la nature d’un hypertexte en termes de calcul, d’hypothèses et de structures opérantes. Cette axiomatique d’un nouveau genre nous renseigne également, par une sorte de lien indirect, sur les composantes textuelles qui l’accueillent. C’est ainsi que les sciences qui se rapportent au domaine strictement textuel s’en trouvent profondément ré-orientées : il existe en effet un véritable dilemme dans ces sciences que l’on résumera de la façon suivante : le seul objet véritable et consistant dans l’analyse est représenté par les traces de l’activité symbolique – signe, sens, signification, phrase, écriture, texte – et ces traces n’ont de sens que si elles sont rapportées aux stratégies de production et de réception qui en constituent l’indispensable révélation. Or force est de constater que ces stratégies sont personnelles, privées. Elles sont difficilement repérables du point de vue des méthodes habituellement utilisées dans les sciences humaines pour les décrire. Elles ne semblent pas susceptibles d’analyses objectives tant que nos connaissances en axiomatique des systèmes signifiants restent aussi rudimentaires qu’elles le sont (algorithmique, théorie des langages, calculabilité …), surtout si on les compare à la complexité sans fond des phénomènes symboliques existant.


Dépasser ce dilemme semble pourtant envisageable. Le tout est de ne pas en rester au seul niveau textuel pour avancer. Le tout est de prendre le problème à un niveau différent. J’ai pu montrer que l’objet symbolique n’existe maintenant en tant qu’objet textué que dans sa triple organisation de faible, moyenne ou forte valeur rétentionnelle. Et c’est par l’étude de ces objets d’un nouveau genre qu’il me semble opportun d’aborder la question du texte et de son fonctionnement littéral.


Pour autant, il est clair qu’au-delà d’une certaine limite, les configurations internes du texte ne permettent pas de prévoir le sens que souhaite lui donner un lecteur (ou celui que lui avait donné son producteur). Pas plus que l’étude des stratégies de réception ne permet de décrire les configurations internes de ce même écrit. Les textes en savent généralement plus que leurs lecteurs. Encore faut-il le savoir. Encore faut-il poser cette impossibilité sous la forme conceptuelle qu’un tel traitement rhétorique attend ; en somme, il s'agit de poser un concept de ce qui passe le texte pour se présenter sous une forme désormais hyper-textuelle. Et, ce faisant, puisse se prêter à des rapports objectifs peut-être plus opportunément discernables qu’ils ne l’étaient au simple niveau textuel ou hypo-textuel d’antan.
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mardi 19 février 2008

Fonction recherche

P. Schnupp met l'accent sur la position de recherche dans un hypertexte.

Son introduction à ce thème commence par ces mots: "Le besoin qui donna naissance à l'hypertexte, est le même que celui qui mena du fichier à la base de données". Ainsi de même que la base de données avec des données structurées ouvrait de nouvelles possibilités de recherche de données par rapport au fichier distinct, l'hypertexte a pour vocation d' "accélérer et d'alléger la recherche interactive dans des vastes quantités de texte".

Aussi a-t-il fallu imaginer une fonction logicielle capable de naviguer très rapidement parmi de nombreux textes sélectionnés pour un parcours de lecture.


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samedi 26 janvier 2008

n:m-Relation (relation n:m)

 Il doit suffire à une unité hypertexte d’être une cible de lien sensée quand elle est appelée de contextes tout à fait différents. Si l’utilisateur, à un endroit quelconque, clique sur un lien menant à cette unité de texte, l’unité de texte doit être structurée de telle façon que dans tous les cas elle satisfasse au changement de pensée que l’utilisateur a “osé” avoir avec ce lien.

Étant donné que le contexte à savoir la relation avec l’information à partir de laquelle l’utilisateur a cliqué peut être très différent, cette unité de texte doit être ainsi conçue qu’elle satisfasse à tous les contextes imaginables. Elle ne peut le faire qu’en s’enfermant en quelque sorte pour se concentrer radicalement sur ses propres assertions.

La constellation que de nombreuses autres unités de texte puissent mener par un lien à une seule et même unité de texte s’appelle la relation n:m-Relation (n = nombreux, m = une cible quelconque mais une cible déterminée).

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mercredi 23 janvier 2008

L'activité inférentielle du lecteur

S'inscrire dans une conception unifiée du contexte ne suffit pas.

S'en tenir à l'unité contextuelle sans approcher une typologie des vecteurs de signification dans un parcours, c'est opportunément adopter une attitude de cogniticien: c'est envisager l'ensemble du sens de l'écriture du point de vue des lecteurs/scripteurs qui s'y inscrivent en ne s'attachant qu'au parcours individuel de chacun. De ce point de vue, le contexte reste fixé en fonction de choix préétablis et doivent être nécessairement empruntés par les intéressés.
Or les hyper/scripteurs/lecteurs auxquels on se réfère sont des intervenants libres, dont les comportements de lecture et d'écriture se définissent en termes de délibération, choix et imprévisibilité. Nous sommes sans cesse renvoyés face à l'inattendu dans l'acte de lecture et le sens accordé au contexte en est nécessairement modifié.
Ce n'est donc pas une conception unifiée du contexte qu'il faut envisager mais celle de l'activité inférentielle du lecteur. Celui-ci prend appui sur l'inscription des textes qu'il découvre pour créer le contexte dont il a besoin dans l'hypertexte. Le contexte n'est pas ici le produit de la lecture mais ce qui,en relation avec l'inscription, transforme l'activité d'inférence au fur et à mesure qu'elle se déploie.

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